On parle beaucoup du bas astral, ce monde de densité, de peurs et d'émotions brutes. Mais il existe, selon les traditions ésotériques, un versant plus lumineux du monde invisible : le haut astral.
On y rencontrerait des anges, des guides et des maîtres de sagesse. Qui sont ces présences, que nous apportent-elles, et pourquoi le discernement reste-t-il indispensable, même là ?
Le mot « astral » a été popularisé par l'occultiste Éliphas Lévi au XIXe siècle avec la notion de « lumière astrale », puis par la théosophie. Dans son ouvrage Le Plan astral (1895), le théosophe Charles Leadbeater décrit ce plan comme divisé en plusieurs niveaux, allant du plus dense au plus subtil. Selon cette vision, le bas astral correspond au monde des désirs grossiers, des peurs et des formes-pensées sombres, tandis que le haut astral incarne la clarté, la beauté et les aspirations élevées.
Ces notions sont modernes et ne se trouvent pas telles quelles dans les textes anciens, qui privilégient les termes de sphères, de cieux ou de royaumes. Aujourd'hui, elles constituent une carte pour appréhender ce que les traditions nomment le monde subtil.
Les anges et les anges gardiens : messagers et protecteurs au service du divin. L'Évangile (Matthieu 18, 10) et les Psaumes (Psaume 91, 11) évoquent déjà ceux qui veillent sur chaque individu.
Les guides spirituels : issus du spiritisme d'Allan Kardec (Le Livre des Esprits, 1857), ces « esprits supérieurs » sont des défunts parvenus à un haut degré d'évolution, qui conseillent et inspirent les vivants.
Les maîtres de sagesse : la théosophie évoque des Maîtres ou Mahatmas, tandis qu'Alice Bailey parle d'une Hiérarchie spirituelle. Ces affirmations restent toutefois controversées et impossibles à vérifier.
Les esprits de la nature : depuis Paracelse au XVIe siècle, les gnomes, ondines, sylphes et salamandres sont présentés comme les esprits des quatre éléments, intégrés par certains courants dans les niveaux élevés ou intermédiaires de l'astral.
Les devas : issus de l'hindouisme et de la théosophie, ce sont des êtres lumineux associés aux forces de la nature et à l'ordre cosmique.
Les égrégores positifs : ces forces subtiles se structurent autour des prières, des rituels et des intentions partagées par des collectifs.
Selon ces traditions, les entités du haut astral ont pour rôle d'inspirer, de consoler, de protéger et d'orienter. Elles se manifesteraient par le biais d'intuitions, de rêves, de synchronicités, d'une présence apaisante, voire de visions et de perceptions subtiles. De nombreuses personnes y puisent une ressource intérieure ainsi qu'un profond sentiment de reliance.
Un enseignement traverse la quasi-totalité des traditions : le fait qu'une présence soit belle, lumineuse ou douce ne garantit pas sa nature bienveillante. Saint Paul rappelle que « Satan lui-même se déguise en ange de lumière » (2 Corinthiens 11, 14), et la première épître de Jean invite à « éprouver les esprits » (1 Jean 4, 1). Les gnostiques percevaient quant à eux les sphères célestes comme le domaine des archontes, et le Bardo Thödol met en garde contre les lumières séduisantes capables de détourner l'âme.
Ainsi, le haut astral demeure un plan de formes et donc d'illusions potentielles, où une fausse lumière peut facilement emprunter un visage rassurant. D'où la nécessité absolue de savoir identifier la nature réelle et les fruits d'une telle présence.
L'Évangile le dit autrement : « C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Matthieu 7, 16).
5. Rester ancré et discerner
Ne vous prosternez devant aucune forme extérieure. La véritable lumière vous renvoie toujours à vous-même.
À savoir : si des voix ou des visions deviennent envahissantes, angoissantes ou vous donnent des ordres, si vous avez le sentiment de perdre le contrôle de vous-même ou de ne plus distinguer le réel, parlez-en sans attendre à un médecin ou à un psychologue. Cela n'enlève rien à la dimension spirituelle de votre expérience.